Tout ce qui brille n’est pas Laure

Que l’on ait suivi ou pas les JOs, on a pas pu échapper au phénomène Manaudou tant le non événement sportif a tourné au fait de société. Que n’a-t-on dit, lu ou entendu…

Pourquoi tant de haine tout d’abord ?

De l’amour à la haine il n’y a jamais que quelques pas à faire, assez peu pour qu’on daigne effectuer cet effort même en pérode de vacances. Une sorte de dédouanement collectif. Car il faut bien comprendre que tirer sur l’ambulance est le meilleur moyen pour la part de supporter qui sommeille en chacun de nous de ne pas avoir à assumer. Car nul doute qu’en cas de victoire chacun aurait virtuellement eu nagé à coté de la demoiselle, chacun aurait eu sa part de victoire pour avoir cru en elle, l’avoir supporté, encouragé. Par contre pas question d’assumer sa part de défaite si les choses tournent mal. Alors mieux vaut dire que c’est l’athlète qui a failli, voire trahi.

Partant de là, il ne restait plus qu’à ouvrir l’instruction à charge. Et tout y passe. Mais finalement une explication revient : trop. Trop dur, trop jeune, trop d’attentes, trop de sollicitations, trop d’argent. Ce qui amène à discuter de la maturité personnelle de l’athlète qui n’était visiblement pas à la hauteur de sa maturité sportive. On peut jeter la pierre à son ancien entraineur qui a construit une machine a gagner sans travailler l’aspect mental. D’un autre coré le mental est une chose, le manque de lucidité, de maturité, voire d’intelligence ont dit certains en est une autre. Car comment faire progresser quelqu’un qui ne le veut pas, ou n’en a pas les capacités ? Car pour tout plaquer à moins d’un an des JO et quasiment s’arrêter de travailler pendant 6 mois il faut en tenir une bonne couche quand même. Car c’est à ce moment qu’elle aurait du dire “stop, j’arrête, pas de JO”. Ou alors dire “j’y vais” et continuer à travailler…l’échéance est suffisamment belle pour remettre les rêves à l’année suivante. Après tout à 21 ans on a tout son temps et il y a des échéances qui n’arrivent pas tous les jours. Mais encore faut il savoir ce qu’on veut… Et visiblement la demoiselle n’avait pas compris qu’on ne pouvait tout avoir et son contraire à la fois.

Eut elle été chinoise qu’elle aurait certainement réussi ses Jeux: j’ai lu que là bas une loi interdisait les relations, mêmes purement sentimementales, avant 21 ans. C’eut pu la sauver.

Rien de catastrophique…Londres est dans quatre ans, le temps de comprendre qu’il y a des choses plus graves dans le monde, et que beaucoup, par les temps qui courrent, échangeraient volontiers une vie d’Ossète contre une vie d’ascète…

Et alors que mademoiselle décide de prendre un peu de recul autant terminer par un joli proverbe : tant va la cruche à l’eau…qu’à la fin elle se casse.

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Comme une odeur nauséabonde

Ca y est, les JO ont commencé. Et la cérémonie d’ouverture était…. en fait je n’en sais rien, faute de l’avoir regardée.

Pourtant j’aime bien les JO. Le concept est sympa et reconnaissons qu’il a relativement bien vécu depuis l’époque du baron De Courbertin.Bien sur on peut toujours regretter que le business prenne peu à peu le pas sur le sport, mais ainsi va le monde ma bonne dame. Et puis au bout du compte c’est toujours un type qui courre et l’argent qui se balade autour des stades ne les fait pas avancer plus vite.

Et puis finalement on a la preuve qu’il y a pire convive que le business qui puisse s’inviter à la table des sportifs : la politique. Car si vous ne l’aviez pas remarqué, ces jeux sont tout au moins aussi politiques qu’Olympiques.

Remarquez on le savait : donner les jeux à Pékin ce n’était pas neutre, dès le départ. Avec le secret espoir qu’avec les yeux du monde entier braqués sur l’empire du milieu, celui-ci serait quelque peu obligé de mettre de l’eau dans son vin. Ou de monter le plus grand bluff médiatique qu’on ait jamais vu.

Personne ne s’en cache : on ne montre que ce qu’on veut bien montrer et quiconque aurait un autre discours à tenir est prié de se taire s’il est étranger, d’en assumer les conséquences si c’est un autochtone. Prière de ne pas ramener de photos qui dérangent à la maison, accès limité à internet, conférences de presse lénifiantes. Pour ceux qui pensent que nous construisons un monde sans frontières, la preuve qu’on se trompe. Mais les journalistes témoignent. Oui, mais à l’extérieur. Tant que le pékin moyen n’en sait rien tout va bien. Informer le monde tant qu’on désinforme chez soi, une stratégie originale mais qui semble diablement efficace. Et pour être franc, j’ai bien l’impression qu’on se fout de notre g…. royalement.

Mais peut être fais je fausse route. On nous ment dans le seul but de nous forger une mauvaise opinion de ce pays, de ce peuple, de ses dirigeants. Ils ne censurent pas mais protègent leur sécurité nationale. Il n’y a pas de polution mais simplement de la brume liée au climat. A tels point que les locaux nous en voudraient de croire et colporter de telles images. Et tant qu’on y est ils vivent dans les villages de vacances avec des GOs en train de chanter ladirladada les tibétains ?  Tiens j’ai comme un doute d’un seul coup. Bon ok ils ne sont pas clean clean nos amis chinois, mais si on en faisait un peu trop quand même ?

Suffisait de ne pas y aller. Boycotter. SImple et efficace. Pas si sur. Et tout d’abord qui aurait du le faire ?

Les médias ? Ce serait le meilleur moyen de ne pas témoigner de ce qu’ils pourraient voir.

Les politiques ? Allez vendre des TGV, des centrales nucléaires et autres babioles de ce genre après ça. Alors ok pour le boycott, mais que ceux qui le demandent assument les conséquences sur le commerce extérieur et au bout du compte l’emploi…

Les sportifs ? C’est amusant comme on se fout d’eux quand ils se mettent à faire de la politique et comme on leur reproche de ne pas en faire quand ils se remettent à faire du sport. Et pour vous dire les choses franchement, si j’avais donné 15 ans de ma vie pour atteindre un objectif j’irai la chercher ma médaille, contexte puant ou pas.

Et de toute manière ç’aurait été donner le baton pour se faire battre sur le thème du “ceux qui nous jugent ne nous aiment pas”.

Alors si on ne pouvait pas ne pas leur donner, qu’on ne pouvait pas ne pas y aller, tout est normal et fermons là. D’un coté on ne serait pas donné les moyen de faire avancer les choses. De l’autre on cautionne. Finalement il y a plus douloureux que le grand écart physique, c’est le grand écart moral. Sans que ceux qui le pratiquent puissent vraiment s’y soustraire : les enjeux les dépassent également, tout puissants de ce monde qu’ils soient.

C’est justement ça le problème. Ni bonne ni mauvaise solution. Les choses sont ce qu’elles sont, mais on ne m’empêchera pas de penser que, d’un coté comme de l’autre, ça sent diablement mauvais.

Une chose est sure, en 1936 certains pouvaient dire qu’ils ne savaient pas. En 2008 ça n’est plus possible.

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