Le matin ne ressemble pas à l’idée qu’on se fait du matin
C ‘est par ces mots que je découvre, via sa 4e de couverture, un livre longtemps resté au fond de ma valise. Offert par un ami pour mon anniversaire il n’étais jamais sur moi lorsque je finissais un ouvrage précédent, était là lorsque mes lectures allaient davantage vers le professionnel…bref nous avons mis 6 mois pour nous recroiser au bon moment.
“Ce livre est comme le sexe: gai, frais, cru, attendrissant, glauque”
Ainsi en était rédigée la préface manuscrite en guise de happy birthday.
Enfin le temps d’en savoir plus. Une fois la dernière page tournée je confirme. L’auteur nous emmène dans un récit à la troisième personne, dans une ville située nulle part, un contexte glauque à vous donner des envies de suicides, qui sent la misère, la crasse, la noirceur et la fatalité. Le tout matiné d’une candeur à la fois idiote, naïve et béate qui nous en fait sourire. Il y a un brin de Zola dans ce livre…mais un Zola qui aurait voulu nous dire “allez souriez…finalement ça n’est que la vie”.
Ca se lit vite, ça se dévore…et après on se demande d’où sort cet OLNI (objet littéraire non identifié). Je disais qu’il y avait quelques pincées de Zola…de Céline aussi tant on a une impression d’un autre Voyage au bout de la nuit. Mais autant l’ami Bardamu passait son temps à fuire (la vie, l’amour, la réussite, le succès, quitte à se fuir lui-même) autant notre narrateur ne fuit pas. Il y pense mais juste comme ça, sans même imaginer que ce soit faisable. D’ailleurs on a l’impression qu’il n’existe là aucun ailleurs.Et puis autant Céline criait sa haine de l’humanité autant là tout n’est que constat…ni haine ni regret, la vie est ainsi faite. On en sourit d’ailleurs, sentiment bizarre eu égard à la vie qui nous est ainsi narrée.
Quitte à choquer je parlerais d’un Voyage au bout la nuit vu par Forrest Gump.
Indescriptible mais tellement bien.
Merci l’ami pour le cadeau.
Joël EGLOFF, L’Etourdissement. (Failli oublier de donner le titre du bouquin moi..)
No tag for this post. Related posts“Il faut imaginer un sale temps par une nuit polaire. C’est à ça qu’elles ressemblent nos belles journées”

Un beau billet que tu nous signes là, pour un bien beau livre. Je suis content que cela t’ai plu !
“Sur mon vélo, j’ai pas besoin d’ouvrir les yeux, je peux finir ma nuit. Il connait le chemin par coeur, comme un vieux cheval”.
“Le soir, enivrés par le parfum des tripes et des boyaux, les employés repartent chez eux. Ca zigzague sur les vélos. Groggys, certains s’arrêtent sur le bas-côté et s’endorment dans le fossé. Attendant un lendemain pas meilleur.”