Bonjour tristesse ou histoire d’un gachis
C’était en 1997 et je m’en souviens comme si c’était hier. J’avais rencontré à la fac un étudiant libanais qui allait devenir au fil du temps un excellent ami. Il nous parlait de son pays, de son histoire…et devant notre incrédulité il a voulu nous convaincre que son pays ne correspondait plus à l’image de pays en guerre que nous autres européens en avions.
“Venez pendant les vacances…je vous invite”. Un premier groupe part dès l’été et reviens enchanté. Mon tour vient pour les fêtes de fin d’années.
Visite et découverte d’un pays, d’une culture. De Beyrouth en pleine reconstruction mais au charme indéniable au Sud Liban un vrai plaisir. Malgré les barrages de l’armée syrienne à tous les coins de route, malgré l’armée israelienne qui veille au grain à la frontière sud. Depuis je n’ai plus jamais employé l’expression “c’est Beyrouth” pour dire “c’est le bordel” car le souvenir que j’en garde était emprunt de la joie de vivre d’une jeunesse qui revivait, d’une vie nocturne suprenante, d’une ville qui se reconstruisait…tout n’était pas fini mais c’était déjà si beau. Assez pour donner envie d’y revenir, de donner envie d’y vivre. Et un contexte qui faisait dire “il y a tant à faire…et si…finalement ça peut être un bon point de chute pour plus tard”.
Et puis le réveillon de Noel entre amis, là haut dans les montagnes. Une tablée improblable: deux invités français chrétiens, du libanais chiite, du sunite, du chrétien maronite, et même un juif. L’occasion pour nous de comprendre l’histoire des nombreuses guerres contre d’autres pays ou guerres civiles qui ont frappé le pays. De voir leur fierté de voir leur ville renaitre après nous avoir raconté ce que c’est que de passer sa jeunesse sous les bombes. Meme ceux qui, comme beaucoup, sont partis faire leurs études à l’étranger, n’auraient raté pour rien au monde l’occasion de revenir passer les fêtes.
Et une conclusion “tu vois on est tous différents à cette table et tous amis…c’est fini notre pays ne se battra plus pour ces raisons là…”. C’était beau et on avait tellement envie d’y croire qu’on y croyait.
Aujourd’hui plus de nouvelles…je pense à eux. Pas question de dire qui a tort ou raison, le contexte local est difficile et il n’y aura que des perdants des deux coté. Simplement que c’est dommage.
Tags: beyrouth , guerre , libanRelated posts

Une de mes meilleurs amies est actuellement bloquée qque part entre le Liban et Larnaca. Elle, son mari d’origine libanaise et leurs 3 filles étaient parties en vacances au Liban voir la famille. Très mauvais timing. Nous sommes très inquiets. Et quelle tristesse de voir ce pays encore ravagé.
J’aime beaucoup la sobriété de ton billet loin de tous les préjugés et de toutes les opinions assennées comme des vérités un peu partout. On est tous différent et personne n’a raison ou tort, le temps changera le jour où les hommes accepteront la différence.
Merci