Exercice imposé
Bon, pas facile d’éviter de parler de la coupe du monde. Je voulais faire un billet avant France-Brésil…ben je le fais après. Ou comment un match de foot vous permet d’apprendre des vérités sur vous-même également.
L’enjeu était clair: une place en demi finales et la confirmation de ma théorie selon laquelle les mêmes arguments expliqueraient tout et son contraire selon le résultat final. Ou comment des tocards deviennent des winners tout en restant eux-même. La différence reposant sur l’interprétation que feront les spécialistes…d’un seul coup Zidane n’a plus 34 ans, Barthez est évident, Domenech un fin stratège et la préparaion de l’équipe une réussite totale pour lui permettre de monter en puissance. Peut être la vérité est elle entre les jugements de première semaine et ceux d’aujourd’hui mais l’hystérie collective a cela de particulier qu’elle ne tolère pas la demi-mesures. De la même manière qu’ils redeviendront des tocards à la moindre boulette individuelle ou collective en demi-finales.
Match vu dans un Pub sympa à deux pas de chez moi. Ambiance survoltée, les bleus dominent…les chants fusent ça et là . On acclame tout à tour Zizou, Ribery ou Henry…le temps s’est arrêté…il n’y a plus une somme d’individus avec leur vie et leur problème mais la fusion de tout cela en un seul meta-individu. Avec comme soucis que la fusion des personnalités se fait souvent en matière de supporters (et de foot en particulier) sur le plus petit dénominateur commun. Mi-temps.
Le match reprend…but d’Henry…tout le monde se jette les uns sur les autres,des tabourets tombent, j’entend des bruits de verre casssé, certains manquent de tomber à terre…c’est normal. D’un seul coup je comprend que ça me fait peur. A différents titres, mais on en reparlera.
Le match défile, de plus en plus de chants, on regarde sa montre toutes les dix secondes…coup de sifflet final, explosion, libération. L’endroit se vide d’un seul coup, direction un des lieux de rassemblement traditionnels de la ville, sur la place juste à coté.
Je regarde de loin…inexplicable de manière rationnelle. Je ne comprend pas plus comment on peut poser son cerveau, sa vie, ses certitudes, ses doutes pour aller disjoncter sans raison autre qu’un match gagné. Même pas une finale en plus. Obligation faite de hurler, de courrir dans tous les sens en eructant les chants et slogans de la tribu, de jeter dans les bras les uns des autres…comme en 98. En 98 j’y étais, j’ai fait comme tout le monde.
Aujourd’hui je ne comprend plus. Pas envie, rien en commun avec cette foule, pas envie de me sentir obligé, de faire la fête parce qu’il faut faire la fête.
En fait j’ai juste compris que je m’en foutais…gagné ou perdu je voulais juste voir un match comme on voit un spectacle. Juste compris que ce n’était qu’un match et que ça ne changerait rien à ma vie. Que j’avais d’autres choses Ô combien plus importantes à faire, que je ne voulais plus abandonner mes comportements au débranchage de cerveau collectif. Cette hystérie collective me fait peur tant physiquement que par ses aspects plus profonds.
Tant qu’ils contineront à gagner le déficit sera résorbé, comme le chômage et le trou de la sécu, plus d’objectifs et de motivation personnelle car tout sera dilué dans le plus petit dénominateur commun collectif. Dommage qu’on ne puisse mobiliser l’énergie déployée ce soir pour des causes autrement plus importantes. Que tout parte en vrille…tant qu’on marque des buts…
Finalement depuis 98 il n’y a pas que les joueurs qui ont vieilli.
Besoin de travailler mais le bruit de la rue est trop fort…tant pis faudra se concentrer. Vivement la fin.
Tags: coupe-du-monde , footballRelated posts

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