Blogs, culture, littérature

livresC’était il y a une quinzaine de jours lors du débat chez Ketchum. Une personne de l’assistance avait eu ces mots

“Quand je vois le temps que l’on peut passer sur le net, je m’inquiète pour mes enfants et me demande où sont la culture et la lecture”

And so what?

Je vais éviter de recommancer par le speech sur le thème “on trouve de tout, après on a qu’à donner aux enfants l’envie de chercher les bonnes choses “.

Quant à dire que l’ère de la communication en ligne sonne le glas des formes plus classiques d’expression ça fait partie de ces théories qui me font sursauter.

J’en parlais sur le moment avec Sophie et j’en ai reparlé jeudi soir avec Eric et nous sommes tous d’acccord: le fait d’avoir une certaine activité sur le net tant en tant que lecteurs que “producteurs de contenu” favorise au contraire le “sens de l’écrit”.

A mon niveau je peux même dire que les blogs m’ont fait replonger dans cette culture de l’écrit.

A lire les autres, reprendre le gôut à l’écriture, s’amuser à différents exerices de style…j’ai clairement rééquilibré mon temps vers les médias écrits (sur écran ou sur papier). Alors que j’essayais d’équilibrer auparavant, désormais TV et Xbox vivent une grande crise de solitude dans mon salon.

Alors se demander si une trop grande présence sur le net éloigne les enfants de la culture…je dirais qu’il seront en phase avec la culture de leur époque, qu’ils peuvent prendre goût à l’expression à la créativité autrement que dans le cadre scolaire strict, et qu’ils ont sous la main une mine d’information fantastique sur toutes les formes et sources de connaissance. Un bon article sur le net peut aussi leur donner envie d’aller voir une expo, acheter un livre…

Après les parents ont aussi leur rôle à jouer non dans le contrôle qu’ils feront de l’utilisation du net faire par leur progéniture mais dans l’envie qu’ils leur donneront d’en faire bon usage. Si la culture maison c’est les jeux télé à la con et les séries qui ne valent gère mieux, que personne ne leur montre qu’il y a sur le cable des chaines qui s’appellent Planete, Discovery Chanel ou National Geographic…ne vous attendez pas à ce qu’ils se passionnent pour musées on line!

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5 comments so far

  1. Sur ce même thème il y avait un article très intéressant dans Libération. Je te le copie/colle

    Depuis près d’un an, l’édition indépendante subit une crise majeure. Ces éditeurs à la barre de leurs embarcations ont essuyé une grosse tempête à l’été 2005, concrétisée par une énorme vague de retours d’invendus et une dette à devoir à leur diffuseur pour nombre d’entre eux. Cette situation a fragilisé leur indépendance financière et, de fait, leurs projets à venir.

    Un tel phénomène trouve ses racines dans une tendance profonde, confirmée périodiquement par les études du ministère de la Culture sur les «pratiques culturelles des Français» : le nombre de «forts lecteurs» (les personnes lisant plus de 25 livres par an) ne cesse, depuis de nombreuses années, de décroître. Alors que 22 % de la population totale de plus de 15 ans entrait dans cette catégorie en 1973, 17 % en 1988, pour atteindre les 13 % en 2003. Cela s’est accompagné, parallèlement, d’un vieillissement net du lectorat, rendant difficile le renouvellement pourtant nécessaire des publics. Le livre, par ailleurs, est devenu un produit de consommation culturelle parmi beaucoup d’autres, et a, de ce fait, perdu beaucoup de sa valeur symbolique. Le développement de nouveaux supports tel que l’Internet, mais aussi la concentration croissante du marché du livre entre les mains des grandes surfaces et des grandes chaînes multimédias, a certes permis un accroissement et une diversification de l’offre éditoriale, mais au prix d’une dilution.

    Par ailleurs, la pratique mise en oeuvre par l’ensemble des éditeurs (mais cela est plus vrai encore pour ce qui est des grandes maisons), qui consiste à entretenir une énorme cavalerie auprès des libraires, a connu, ces derniers temps, un regain de vitalité. Afin de faire face à la baisse générale des ventes, et de tenter de maintenir (artificiellement) leur niveau de revenu, ces éditeurs se sont vus contraints d’augmenter considérablement leur production : la masse des livres ainsi produits servira dans un premier temps à combler, par une augmentation mécanique du chiffre d’affaires, les retours d’ouvrages non vendus effectués par les libraires. Mais cet effet n’est qu’illusoire, puisque ces livres produits en surnombre seront eux aussi retournés par les libraires, à un rythme d’ailleurs de plus en plus élevé (il n’est ainsi pas rare qu’un livre soit retourné un mois seulement après sa parution, ce qui le prive évidemment de toute chance de trouver un public). Il en résulte une situation fort paradoxale et inquiétante, où, pour subsister, un éditeur se voit contraint d’augmenter sa production, alors que se rétrécissent ses débouchés.

    Il devient de plus en plus urgent d’engager une réflexion globale sur la situation de l’édition indépendante en France, à l’heure où la complexion du marché du livre semble lui être fort défavorable: dispersion des goûts du public, prolifération de titres, primat donné, par une grande partie des acteurs de la chaîne du livre, à la nouveauté et au temps court, par opposition au «temps long» que réclame l’élaboration d’un catalogue de qualité, dans lequel les livres, au lieu d’être pris isolément, finissent par entrer en résonance les uns avec les autres…

  2. Rodin March 27, 2006 17:53

    C’est donc ça.
    Bertrand tu viens de me donner la solution pour réussir à équilibrer mon temps télé, jeux vidéo etc…
    Sans rire, j’ai repris plaisir à la lecture et bientôt à l’écriture gràce aux blogs et nouvelles technos.. La TV ne serre qu’en ultime “ennui” ou pour un bon DVD.

    A bientot sur Paris, n’hésite pas à appeler

  3. Beber March 27, 2006 18:04

    Tout à fait d’accord. Chez moi les dvd “à voir” s’empilent, mes abonnements sable/satellite ne servent plus à grand chose. Par contre j’écris, je lis beaucoup (blogs, livres pour le plaisir ou pour le boulot)…c’est dingue à quelle vitesse ça a basculé.

    A voir aussi chez Boris: vers un monde dans télé

  4. Mike March 27, 2006 20:45

    C’est une très bonne réflexion Bertrand… et je me souviens très bien de la remarque du Journaliste en question…

    Par contre, tu m’as quand même fait envi avec ta XBOX360….. Arfff … :)

  5. Beber March 28, 2006 10:37

    Ah celle qui prend la poussière et que j’ai pas encore trouvé l’occasion de connecter au live?

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