Imaginez la scène, ouverture du sommet des chefs d’Etat des 25, Ernest-Antoine Sellière prend la parole en tant que président du MEDEF européen…jusque là rien que de très normal.
On s’attend à ce qu’il fustige le protectionnisme benêt patriotisme économique qui fait fureur dans notre beau pays open minded et ouvert sur le monde…
Et là….Jacques Chirac quitte ostensiblement la salle pour protester contre le fait que le patron des patrons européens s’exprime en Anglais!
Non mais là je crois rêver! On a un niveau en anglais catastrophique, aucune forme d’influence internationale hormi auprès de trois républiques bananières, les chefs d’entreprises étrangers pensent qu’on est ” a nice country” (autrement dit génial pour les vacances, mais surtout pas pour investir)….non mais pour quoi on passe?
Cette attitude que signifie t-elle? Inconscience? Plutot aveu d’impuissance, plutôt que de lutter contre notre déclin drapons nous dans notre superbe différence. Remarquez qu’un faible niveau en langue de la population aide à faire en sorte qu’on ne comprenne pas que les autres se moquent de nous.
Finalement venant de quelqu’un qui
- a dit “la mondialisation c’est un effet de mode”
- n’a cessé de parler du “numérique” lors de ses voeux. Heu…moi y’en pas savoir ça quoi être. Quand on ne maitrise pas un sujet au moins on fait écrire ses textes par des gens compétents
- s’interrogeait sur “c’est quoi une souris”
- a pris des ministres des affaires étrangères qui ne parlaient que français
- a une vision du monde qui est restée bloquée en 1970
- a eu la brillantissime idée d’instaurer une taxe sur les billets d’avions, taxe purement nationale qui pénalise l’activité touristique de notre pays et fragilise Air France (une de nos rares top companies au niveau mondial) dans un contexte super concurrentiel. Ah c’est vrai il y a des gens qui paient leurs billets d’avion?
Fallait il s’attendre à autre chose ?
A ce rythme là j’ai bien peur que dans les années à venir on invite des Français à Davos non pour leur réussite mais pour faire un remake du diner de con. (Pauvre Loïc).
Un sujet que je traite volontairement sur un ton léger…parce que se livrer à une analyse de ce qui nous amène là risquerait de me briser le moral pour le week end.
D’ailleurs on en parle chez Loïc le Meur et Pierre Chappaz
Thierry Klein a une autre opinion sur la question. Ses arguments sont aussi très intéressants. Mais d’un autre coté lorsqu’un président en arrive à ces extrêmités théatrales pour faire passer un message c’est vraiment qu’on ne sait plus faire entendre notre voix. Refuser la langue anglaise sous pretexte qu’elle est un vecteur d’influence je trouve cela dangereux dans la mesure où cela nous coupe des réalités de notre monde. Et ça n’est pas parce qu’on sera meilleurs en anglais que le français périclitera. Il faut ouvrir les yeux et se rendre compte que le Français n’est pas la langue du monde de demain (à part pour une durée limitée dans la diplomatie et dans les compétitions internationales d’escrime).
J’ajouterai, pour Thierry, qu’il ne tiens qu’à nous de faire en sorte que le libéralisme serve nos intérêts nationaux comme il sert celui d’autres pays.
Et si Chirac se mettait à l’escrime, tiens?
Et pendant ce temps le pays se retourne mais bon…entre une divas des salons et les jeunes dans la rue c’est sur qu’on passe pour un pays qui avance.
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